Archives de catégorie : Environnement

chenille prale du buis

Chenille de la pyrale du buis : le retour

La chenille de la pyrale du buis a fait son retour dans l’Ain début août et notamment dans le Bugey où toutes les falaises de la vallée de l’Albarine sont touchées : Argis, Tenay et la via ferrata d’Hostiaz, etc.

La pyrale du buis est un insecte particulièrement vorace qui s’attaque sans relâche et exclusivement au buis. Après avoir dévoré toutes les feuilles, cette chenille verte d’environ 4 cm n’hésite pas à s’en prendre à l’écorce, laissant ainsi s’engouffrer les maladies et donnant à la plante morte un aspect complètement grillé.

Originaire d’Asie orientale, la pyrale du buis est arrivée en France en 2008 et, sans prédateur connu, prolifère depuis cette date sur le territoire national. Verte au départ, la chenille devient brune et se transforme en papillon au bout d’un mois.

La pyrale du buis : véritable danger pour l’écosystème de la falaise

Les chenilles de la pyrale du buis sur la via ferrata d'Hostiaz le 12 août 2017

Les chenilles de la pyrale du buis sur la via ferrata d’Hostiaz le 12 août 2017 (coll. E. Chaxel)

Le buis fait partie de l’écosystème des falaises de nos régions de préalpes, la plante assure notamment la cohésion des pentes en sommet de falaise. En plus de l’aspect visuel de désolation et de sécheresse laissé par le passage chenille sur la végétation, la disparition du buis sur les falaises fait craindre le pire : chutes de pierre et incendies en période sèche. Une vraie tragédie pour les activités de pleine nature dans la région.

chouette-hulotte

Chouette hulotte à Curis au Mont d’Or : arrêté municipal jusque juin 2017

Une chouette Hulotte (espèce protégée) niche actuellement dans la voie du dièdre (voie 21 « Born rue Proudhon ») sur la falaise école de Curis au Mont d’Or. Pour préserver la tranquillité du volatile et la sécurité des grimpeurs, un arrêté municipal en accord avec les différents partenaires (Mairie de Curis au Mont d’Or, LPO, FFME) a été pris le 31 mars.

Escalade interdite sur le secteur Est (voie 16 à 24) jusque fin juin 2017

Cet arrêté municipal interdit la grimpe sur la partie Est du Site (de la voie 16 à la voie 24) jusqu’à fin juin (fin de la nidification).

Falaise de Curis au Mont d’Or : secteur Est interdit jusque fin juin 2017 (photo d’archive)

Plus d’infos sur le site de la mairie de Curis au Mont d’Or : http://www.curis.fr/site-descalade-et-chouette-hulotte/

Photo de couverture : Académie de Lyon

déchets-curis

Sites d’escalade péri-urbains : ramenez vos déchets !

Comment ne pas se rendre compte du désastre ? En arrivant un dimanche matin sur le site d’escalade de Curis au Mont d’Or à côté de Lyon, les poubelles disposées sur le site sont remplies à ras bord, des sacs poubelles de fortune sont éventrés et des canettes gisent au sol. Pourquoi ne pas respecter l’environnement de ces sites naturels ?

Les sites d’escalade de la région lyonnaise se comptent sur les doigts d’une main. Ils sont donc très bien connus de la plupart des grimpeurs, de leurs amis et d’autres personnes visiblement peu sensibilisées à l’environnement. Alors que les salles d’escalade regorgent de poubelles et autres réceptacles à détritus, ce n’est pas le cas des sites naturels. A part ceux de Curis au Mont d’Or ou de Riverie qui sont équipés de poubelles, les autres ne le sont pas. Et quand les poubelles sont pleines on en revient au même : où jeter ses déchets ?

La solution est simple : ramener ses déchets chez soi

Pour certaines personnes, c’est assez simple : on les laisse sur place dans un sac plastique. Certainement quelqu’un viendra les chercher ? Un employé de la commune avec un gros camion ? Au passage, le sac plastique sera éventré pendant la nuit par un animal qui disséminera les déchets partout sur le site. Pas facile de tout ramasser au petit matin.

A force de jouer la carte de la poubelle omniprésente dans nos vies, on en oublie l’essentiel : comment faire sans ? Et là, visiblement certains n’ont pas la réponse. C’est pourtant si simple de prévoir un petit sac poubelle pour ramener ses déchets chez soi !

Idem pour les mégots de cigarettes : n’oubliez pas qu’un filtre mettra de 2 à 3 ans pour se décomposer dans la nature… On ramène tout ça à la maison !

Déchets sur la falaise d'escalade de Curis au Mont d'Or

Déchets sur la falaise d’escalade de Curis au Mont d’Or près de Lyon le dimanche 5 juin 2016 : certains ont même pensé à brûler leurs déchets. Beau réflexe !

Déchets sur la falaise d'escalade de Curis au Mont d'Or

Déchets sur la falaise d’escalade de Curis au Mont d’Or près de Lyon le dimanche 5 juin 2016 : les poubelles sont pleines et les bouteilles de bières et les canettes se retrouvent par terre.

Même constat à Saint-Genis les Ollières, un petit site de bloc dans un cadre naturel somptueux victime de son succès où des personnes font des feus en soirée sur les blocs et ne prennent pas le temps de ramasser leurs déchets. La situation est connue et nul doute que les personnes responsables de ces dégradations ne sont pas les grimpeurs qui fréquentent le site d’escalade !

La solution : éducation, verbalisation ou… interdiction ?

Alors que faire ? Pour l’instant ramasser la merde des autres en attentant que le développement durable rentre dans toutes les têtes par l’éducation ou par la verbalisation, au choix de nos élus, en espérant qu’on évite l’interdiction pure et simple de ces lieux naturels rares en proximité urbaine, véritables poumons de nature pour les citadins que nous sommes.

Déchets à Saint-GEnis les Ollières

Déchets sur le site d’escalade sur bloc de Saint-Genis les Ollières près de Lyon le vendredi 10 juin 2016

 

 

Les bouquetins du Bargy assassinés

Le Bargy ça ne vous parle peut-être pas mais le col de la Colombière sans doute. On y trouve une jolie falaise calcaire de couennes au-dessus du Grand Bornand dans des vertes prairies qui sentent bon la nature et le reblochon. Un lieu idéal pour grimper l’été au frais en montagne au son des cloches des vaches.

Adieu les bouquetins du col de la Colombière

On y trouve également quelques grandes voies sur les sommets du Petit et du Grand Bargy ou sur la pointe du Midi comme Gypaètes Airlines. Une voie de la pointe du Midi s’appelle le Bouquetin Assassin, ironie du sort c’est l’homme qui l’est cette fois encore : ne vous attendez pas à y voir des bouquetins l’été prochain car le Préfet de Haute-Savoie a décidé de manière brutale, non concertée avec les associations de protection de la nature et contre l’avis des experts, d’abattre l’ensemble des bouquetins du massif pour éradiquer une maladie portée par une partie des animaux, la brucellose, par risque de contamination des cheptels et de l’homme. La population de bouquetins du Bargy représente 200 à 250 animaux. La chasse aux bouquetins a commencé le 8 octobre.

Lire l’article complet à ce sujet sur le site du Club Alpin de Lyon/Villeurbanne : lien.

La chaîne du Bargy domine le col de la Colombière au-dessus du Grand-Bornand

La chaîne du Bargy domine le col de la Colombière au-dessus du Grand-Bornand

 

 

Ticker n’est pas jouer

Chaque séjour dans le Verdon est pour moi l’occasion de rebondir sur les petites habitudes pas toujours en accord avec l’éthique de la grimpe en falaise. Le week-end dernier il s’agissait des mégots de cigarettes trouvés ici et là aux relais d’une voie du secteur Troisième Ciel (lire l’article).

Cette semaine il s’agit d’une autre pratique qui peut en agacer certains mais ravir d’autres : les ticks, aussi appelé tickets, ces petits traits de magnésie laissés par des grimpeurs (sales ?) qui signalent les prises d’un passage en escalade libre. Si ces petites traces de l’homme sur le rocher ont fait leur apparition sur les falaises de France et d’ailleurs depuis plusieurs dizaines années, elles sont bel et bien rentrées dans la culture de la grimpe moderne, au risque d’en abuser.

ticker c’est bien, en abuser ça craint

J’ai été très surpris de trouver de véritables tickets de pieds dans une grande voie au Verdon. Mis à part dénaturer le rocher, à quoi servent-ils ? Ces prises de pieds ne sont-elles pas assez évidentes (cf. photos) ? Le problème est que ces marques de magnésie semblent répandues à tous les terrains de l’escalade, du bloc à la falaise en passant par la grande voie. Initialement utilisés en bloc pour marquer les prises cachées d’un gros jeté en aveugle ou dans un mouvement dynamique où l’arrivée sur la prise est déterminante pour la réussite du passage, les tickets se sont répandus à toutes les prises. Y compris les prises de pieds !

Tick de pied au Verdon (c) Escalade Lyon

Tick de pied au Verdon (c) Escalade Lyon

Tick de pied au Verdon (c) Escalade Lyon

Tick de pied au Verdon (c) Escalade Lyon

C’est à mon sens un changement de pratique dans l’escalade en milieu naturel. Le grimpeur de salle transcrit ce qu’il connait dans la nature : la voie comme étant une succession de prises à prendre. L’escalade se résume alors à suivre les prises de couleur sur un mur (ici les prises blanches).

L’escalade en milieu naturel est pourtant autre chose. Réussir une voie à vue impose de lire le rocher : trouver les prises, leur préemption et l’enchainement des mouvements.  Ces affreux tickets nous indiquent tristement la combinaison des prises à suivre. Réussir une voie après travail nécessite de mémoriser les prises et la combinaison des mouvements. Les tickets sont de pauvres pense-bêtes pour les grimpeurs un peu étourdis ou trop taquet au-dessus du point pour se concentrer et se servir de leur mémoire. Que penser de tels enchainements ?

Il me semble que dans l’intérêt de tous, une pratique devrait également se généraliser : le brossage systématique des prises après un passage, afin que chacun puisse trouver en falaise ce qu’il recherche : un terrain de jeu vierge où le grimpeur pourra laisser libre cours à son imagination.

Eric Chaxel

Mégot de cigarettes au relais : non merci

Qui n’a jamais été agacé par trouver un mégot de cigarette laissé par un grimpeur indélicat ou simplement tête en l’air au pied de son spot de grimpe favori ?

Jusqu’à présent j’étais resté assez indifférent à quelques mégots croisés ici et là et le premier réflexe était de les ramasser en me disant que ça pouvait arriver à tout le monde. C’était sans compter jusqu’à un beau week-end de mai où j’ai croisé 3 de ces beaux mégots à 3 relais d’une voie du Verdon… qui en compte 5 ! Suivant les statistiques, un mégot de cigarette avec filtre abandonné dans la nature met de 1 à 2 ans à disparaître. C’est peu dire qu’un mégot de cigarette est faiblement biodégradable.

Un mégot de cigarette même biodégradable met de 1 à 2 ans à disparaître

Vu la configuration et l’emplacement de ces mégots, je doute que le grimpeur à l’origine des déchets ai été victime d’un oubli ! En plus de l’impact environnemental, le fait de fumer au relais dans des endroits secs comme les falaises du Verdon pourrait avoir des conséquences bien plus néfastes pour l’environnement : imaginez l’impact d’un mégot encore incandescent tombé sur un des jardin de l’Escalès : fini les genévriers centenaires, les buis, le chêne vert et les petites bébêtes qui vivent dedans.

Mégot de cigarette (c) Escalade Lyon

Mégot de cigarette (c) Escalade Lyon

Mégot de cigarette (c) Escalade Lyon

Mégot de cigarette (c) Escalade Lyon

Mégot de cigarette (c) Escalade Lyon

Mégot de cigarette (c) Escalade Lyon

Ce jour-là mon réflexe n’a pas été de ramasser ces mégots parce que si j’avais croisé la personne à l’origine du désastre en haut de la voie, je lui aurais conseillé de retaper direct les rappels pour refaire la voie et ramasser ses résidus.

Alors par pitié, quand vous faites une grande voie, stressante qui plus est, et que vous ne pouvez pas vous retenir d’en griller une : pensez aux suivants en emportant vos mégots.

Des solutions existent comme le montre ce petit film humoristique sur le sujet :

 

Et pour rappel, temps de disparition de quelques déchets dans la nature (source inconnue) :

Sac en amidon de maïs : 2 semaines à 2 mois
Pelures d’orange ou trognon de pomme : 1 mois
Morceaux de coton : 1 à 5 mois
Papier : 2 à 5 mois
Mouchoirs en papier : 3 mois
Corde : 3 à 14 mois
Journal : 3 à 12 mois
Fruits et légumes : 3 mois à 2 ans
Allumette : 6 mois
Chaussette en laine : 1 à 5 ans
Mégot de cigarette (avec filtre) : 1 à 2 ans
Ticket de bus ou de métro : 1 an
Brique de lait (plastique+carton) : 5 ans
Chewing-gum : 5 ans
Papier de bonbon : 5 ans
Chaussures en cuir : 25 à 40 ans
Tissu en nylon : 30 à 40 ans
Boîte de conserve : 50 à 100 ans
Briquet en plastique : 100 ans
Textiles : 100 à 500 ans
Canette en aluminium : 200 ans
Sac plastique : 450 ans
Emballage plastique d’un pack de 6 bouteilles : 400 ans
Bouteilles en plastique : 400 ans
Couches jetables : 500 ans
Carte téléphonique : 1000 ans
Polystyrène : 1000 ans
Bouteilles Verre : 4000 ans
Pile : 7869 ans

Auteur : Eric Chaxel